Marie, Mère de Jésus et Mère de Dieu. Marie après Cana. XIIIème envoi.

13 décembre 2013 § Poster un commentaire

Chapitre I. La mère de Jésus dans les Synoptiques.

Presque rien. Deux passages seulement, quelque peu déconcertants pour nous,  sur lesquels les exégètes restent discrets et les artistes également.

Je n’ai pas trouvé d’images à vous montrer, mais je voulais tout de même vous faire lire quelques extraits de ces pages qui touchent en profondeur aux relations entre Jésus et  sa mère. J’ai choisi le texte de Marc. (3. 31/35). Mais les textes de Matthieu (12. 46/50) et de Luc (8. 19/21) sont très proches. 

I.   Les vrais parents de Jésus.

«  Arrivent sa mère et ses frères. Restant dehors, ils le firent appeler. La foule était assise autour de lui. On lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont dehors ; ils te cherchent. »

Il leur répond : « Qui sont ma mère et mes frères ? » Et, parcourant du regard ceux qui étaient en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère » (Mc. 3. 31-35). Ou encore : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique. » (Lc. 8. 21). 

Ce bref récit éclaire la parole de Jésus à Marie aux noces de Cana : « Quelle est notre relation, entre moi et toi, Femme ?

Un autre épisode, rapporté un peu plus loin par Luc va dans le même sens : « Une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureux le ventre qui t’a porté et les seins que tu as sucés ». Une parole typiquement juive, note la TOB, que Jésus reprendra le long du chemin de croix en s’adressant aux « Filles de Jérusalem » : « Voici venir des jours où l’on dira : « Heureuses les femmes stériles et les entrailles qui n’ont pas enfanté, et les seins qui n’ont pas allaité… » (Lc. 23. 28).

Mais lui, il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui l’observent ! » (Lc. 11. 27/28)

Jésus veut sans doute dire que Marie a achevé son œuvre de mère humaine du  Messie et qu’elle doit maintenant prendre sa place dans la communauté des fidèles. 

 

II.   Pourquoi la mère et les frères de Jésus sont-ils là ?

La réputation de Jésus ne pouvait pas ne pas être parvenue jusqu’à ce village de Nazareth où il avait vécu « caché » tant d’années…

« A cette nouvelle, les gens de sa parenté vinrent pour s’emparer de lui. Car ils disaient : « Il a perdu la tête. » (Mc.1. 20-21). J.C.Petitfils. (op. cit. p.197)  commente ainsi : « Une délégation décide de se rendre à Capharnaüm afin de lui faire entendre raison et de le forcer à rentrer à la maison. Marie, sa mère, en fait partie. »  

Ce qui ne peut qu’étonner les lecteurs de Jean qui ont vu à Cana le type de rapports existant entre Jésus et sa mère…

III. « Jésus vint  à « Nazara » où il avait été élevé. »

Note : « Nazara »… Forme rare, mais ici mieux attestée que Nazareth (note TOB, sur Mt. 4. 13). Elle confirmerait qu’en rentrant d’Egypte, la famille de Jésus s’est bien installée à Nazareth…

Plus tard, après voir parcouru la Galilée, enseigné, multiplié les signes et les prodiges, Jésus revient de son plein gré à Nazareth pour faire comprendre aux siens quel sorte de prophète il est, quitte à les provoquer… (JCP, op. cit. p.198).

« Le jour du sabbat, il entre selon la coutume dans la synagogue, et il se lève pour faire la lecture. » (Lc. 4. 16). On lui donne le rouleau d’Esaïe. Le texte qu’il lut dut faire plaisir aux habitants…Et il se mit à enseigner dans la synagogue…

« Frappés d’étonnement, ils disaient : « D’où cela lui vient-il ?….N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie et le frère de Jacques, de Josès, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont elles pas toutes chez nous ? D’où lui vient donc tout cela ? »

Encart.

Nous avons déjà parlé de ces frères de Jésus. Les commentateurs disent qu’il s’agit de neveux. L’Evangile apocryphe consacré à l’histoire de Joseph le charpentier, celui dont je vous ai fait lire plus haut des extraits, fait d’eux les fils d’un premier mariage de Joseph…  

Fin de l’encart.
 

Et toujours dans la synagogue, Jésus finit par dire à ses compatriotes des mots très durs sur leur comportement : « Oui, je vous le déclare, aucun prophète ne trouve accueil dans sa patrie… Et de citer des exemples du temps d’Elie et d’Elisée où des païens furent guéris et non les enfants d’Israël…

«  Tous furent remplis de colère, dans la synagogue, en entendant ces paroles. Ils se levèrent, le jetèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, alla son chemin. » (Lc. 4. 28-30).

« Car il était pour eux une occasion de chute ». (Mc 6. 1-3). Une cause de scandale, la pierre d’achoppement sur laquelle on bute…

 Gravure trouvée sans indication d’origine.


Gravure trouvée sans indication d’origine.

Rien d’autre dans les Synoptiques sur Marie pendant le reste de la vie publique de son fils. Seul le quatrième Evangile dira les paroles que, du haut de la croix, Jésus adresse à sa mère et au « disciple qu’il aimait… »

Chapitre II. Marie pendant la Cène, au pied de la croix et après la mort du Christ.

I. Pendant la Cène.

 Fra Angelico. La Communion des Apôtres. Fresque de la cellule 35. Couvent San Marco.


Fra Angelico. La Communion des Apôtres.
Fresque de la cellule 35. Couvent San Marco.

Aucun texte des Evangiles n’indique que Marie ait participé à la Cène du Seigneur. Aucun peintre non plus.  Seul Fra Angelico, qui avait pour elle une dévotion filiale, a tenu à l’associer à la communion des Apôtres, en la représentant à gauche, au premier plan, toute petite, agenouillée, les mains jointes.

 

II. Au pied de la Croix.

Les synoptiques avaient noté la présence de femmes au calvaire, « à distance de la croix ». Parmi elles, Marie de Magdala. Mais non pas Marie, la mère de Jésus.

Jean est le seul à nous dire qu’elle était là et qu’elle « se tenait debout près de la croix de Jésus, avec la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. »  Silencieuses, écoutant les derniers mots de Jésus.

« Voyant ainsi sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait (Jn. 19, 26-27), Jésus dit à sa mère :« Femme, voici ton fils. » il dit ensuite au disciple : « Fils, voici ta mère. » Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui. »

Plusieurs interprétations possibles de ce texte, selon Max Thurian (Op. cit. p.234 et ss.) et J.C. Petitfils (op. cit. p. 387).

1. Tertullien, Origène, saint Jean Chrysostome mettent en avant l’une des raisons pour lesquelles le Christ a choisi Jean pour le remplacer auprès de sa mère : l’intimité de leurs relations qui fait de lui le modèle du chrétien parfait, celui qui a le mieux compris le sens de son œuvre et de ses paroles…

2. Pour Athanase, Jérôme et Ambroise : Si Jésus a cru devoir léguer Marie à Jean, c’est pour lui assurer un soutien matériel que personne d’autre ne pouvait lui donner après sa mort.

Ses « frères »,  (ses cousins… ou les fils d’un premier mariage de Joseph) n’avaient aucune obligation ni juridique ni morale à l’égard de Marie.

Et parmi les disciples, Jean semble avoir été le seul à habiter à Jérusalem, à y posséder une  demeure patricienne sur la colline de Sion et sa famille est alliée aux grands prêtres…En même temps, cette décision de Jésus sur la croix confirmerait que Marie n’a pas eu d’autre enfant qui puisse s’occuper d’elle et  témoignerait en faveur de sa virginité perpétuelle.  

3. Ambroise, Augustin, Thomas d’Aquin, Cyrille d’Alexandrie et Jean Chrysostome soulignent la charité filiale de Jésus pour sa mère…

4.  Marie serait pour Jésus le symbole de l’Eglise qu’a sa mort il confie à Jean, comme Moïse avait confié le peuple à Josué pour qu’il le conduisit vers la terre promise…

5. Pus tard, ces paroles ont été considérées comme le fondement de la maternité spirituelle de la Vierge Marie sur tous les hommes. Aussi bien en Occident à partir du VIIIème siècle (Odon de Cluny) qu’en Orient à la fin du IXème…(Georges de Nicomédie)…

Ce que l’Eglise a interprété comme le don offert à chaque chrétien de recevoir Marie pour mère à l’instar du disciple bien-aimé. 

 

III. De nombreuses images illustrent ce texte.

J’en ai choisi quelques unes pour vous.

A. Un vitrail.
 Vitrail représentant Jésus sur la croix entre sa mère et Jean. Cathédrale de Bayeux. Normandie. XVème siècle.


Vitrail représentant Jésus sur la croix entre sa mère et Jean.
Cathédrale de Bayeux. Normandie. XVème siècle.

Marie lève la main levée pour accepter le don que lui fait le Christ : « Femme, voici ton fils »

B. Un retable en bois.

Une image superbe… C’est une petite partie d’un ensemble qui se trouve dans un oratoire de l’Abbaye de Notre Dame des Neiges à Saint Laurent du Bois.

Entre Marie et Jean, le crucifié penche sa tête du côté de sa mère.

Au fond, les croix vides des deux larrons.

 

C. Un triptyque de Roger Van der Weyden.
 Roger Van der Weyden. Triptyque de la crucifixion.  Vers 1445. Musée de Vienne.


Roger Van der Weyden. Triptyque de la crucifixion.
Vers 1445. Musée de Vienne.

Jésus, les yeux fermés, semble déjà mort. Marie, dans son manteau bleu nuit, s’accroche au pied de la croix. Jean lui-même éploré, la soutient comme il le peut.

A droite, le donateur et son épouse.

 

D. Duccio. Marie et Jean au pied de la croix.
 Duccio. Vers 1310. Maesta.  Crucifixion. Détail.


Duccio. Vers 1310. Maesta.
Crucifixion. Détail.

La tête levée pour regarder une dernière fois son fils sur la croix, Marie est tellement émue qu’elle risque de tomber en arrière. Une des saintes femmes la soutient derrière, et Jean la retient par ses mains et elle s’accroche à lui avec les siennes. Jean la regarde avec tendresse et gravité. Leur relation nouvelle s’exprime par ce geste du croisement des bras et des mains.

 

E. Encore une crucifixion… 
 Le maître de la vie de Marie. Crucifixion. Vers 1465. Munich.


Le maître de la vie de Marie. Crucifixion.
Vers 1465. Munich.

Jésus est mort. Marie toujours dans son manteau bleu, est debout. Elle se détourne de la croix dans sa douleur et ferme les yeux. Derrière elle, Jean la soutient de son épaule et de son bras droit, tout en continuant à regarder son maître, le visage ravagé…

 

III.   Marie auprès du corps mort de son Fils.

Si la présence de Marie au pied de la croix tient une place essentielle dans l’Evangile de Jean, en revanche elle ne l’est pas auprès du corps mort de son Fils. Non plus bien entendu dans les synoptiques.

Luc se borne à mentionner la présence des femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée : « elles suivirent Joseph d’Arimathie, elles regardèrent le tombeau et comment son corps avait été placé… » (Lc. 23, 55) Sans même évoquer Marie.

La présence de cette dernière auprès de son Fils mort figure en revanche dans de nombreuses œuvres d’art. Je vous montrerai ici les deux qui m’ont semblé les plus émouvantes de toutes celles que j’ai pu voir… Et j’en ai vu beaucoup.

 

A. La première est encore de Giotto :
 Giotto. Chapelle des Scrovegni. Padoue. 1302-1305


Giotto. Chapelle des Scrovegni. Padoue. 1302-1305

Sa famille et ses amis entourent le corps de Jésus après qu’il eut été descendu de la croix. Les cheveux dénoués, Marie-Madeleine tient les pieds du Christ.

Le centre dramatique du tableau est en bas à gauche. La ligne bleue des montagnes de Judée et plus encore celle du long rocher blanc grisâtre nous y conduisent directement. En voici un détail :

Giotto. Arena. Détail.

Giotto. Arena. Détail.

Marie tient sur ses genoux le corps mort de son fils comme elle le tenait enfant. Elle regarde douloureusement ses yeux sans vie. Tragique retournement du premier échange de regards entre la mère et l’enfant au moment de la Nativité.

En bas à gauche, la femme qui nous tourne le dos doit soutenir la tête de Jésus mort pour qu’elle ne tombe pas et que sa mère puisse voir encore sa figure.

Le visage de Marie est ravagé par la douleur, la pire de toutes, celle de voir mourir son enfant. Giotto n’avait aucun mal à rencontrer autour de lui des mères pleurant sur le corps de leurs fils morts jeunes des suites de guerres privées, de vendettas ou simplement d’épidémies…

B. Roger Van der Weyden.
 Roger Van der Weyden. Déposition de croix.  Musée national de Berlin.


Roger Van der Weyden. Déposition de croix.
Musée national de Berlin.

Jésus est mort. Le sang coule sur son front. Sa mère l’étreint. Elle pose sa joue contre celle de son fils et sa main droite contre l’autre côté de sa tête. Jean les  soutient tous les deux. Marie-Madeleine pleure un peu plus loin. Et le bas de la croix vide se détache sur la lumière dorée du soleil couchant…

Chapitre III. Après la Résurrection.

I.  L’apparition du Christ à sa mère.

Ni les textes canoniques, ni même les Evangiles apocryphes ne font mention d’une apparition du Ressuscité à sa mère. Mais une ancienne tradition byzantine rapportait que du haut de la croix, Jésus lui aurait dit : « C’est toi qui me verras la première au sortir du tombeau. »

Et dans l’Eglise latine, saint Ambroise, l’évêque de Milan, considérait que le Christ n’avait pas pu ne pas apparaître en tout premier lieu à sa mère : « Elle a vu la Résurrection, écrit-il, et ce fut la première qui vit et qui crut. » 

La Légende dorée a donné un large écho en Occident à cette première apparition. Elle était encore mentionnée dans les livres de piété de mon enfance. Les mères chrétiennes ne pouvaient pas comprendre qu’ayant vu son fils mourir et être enseveli, Marie n’eût pas été la première bénéficiaire d’une apparition du Ressuscité. Jésus n’avait pas pu commettre une telle injustice à son égard… Il n’aurait pas pu, il n’était pas possible que…

C’est la première fois, et ce ne sera pas la dernière, que je relève cette justification de ce culte marial qui s’est développé au fil des siècles dans la tradition chrétienne, chez le Pères de l’Eglise et au sein du peuple chrétien.

Pour répondre à cette piété mariale des fidèles, des artistes ont imaginé la scène de l’apparition du Christ à sa mère.

Les premières images apparaissent à partir du début du XIVème siècle. il y en a peu : une miniature de 1312 au musée de Prague, une peinture de Filippino Lippi, à Munich, une tapisserie au musée  d’Angers. Je n’ai réussi à retrouver aucune des trois.

Il y a heureusement le troisième panneau d’un retable de Roger van der Weyden, qui est au Metropolitan museum de New York avec une réplique à Berlin sous le nom du retable de Miraflores.

Je vous en ai déjà parlé en janvier 2012 dans mon premier envoi sur « Le Christ en gloire », dans le chapitre consacré aux apparitions. J’y reviens ici car le sujet concerne directement la mère de Jésus. Pour vous éviter des recherches, je vous le montre à nouveau :

 Van Der Weyden, Le Christ apparaît à la Vierge, Metropolitan Museum, NY


Van Der Weyden. Le Christ apparaît à la Vierge. Metropolitan Museum. NY.

La composition rappelle celle de l’Annonciation. Comme l’ange, debout à gauche, le Christ dans sa tunique rouge, s’avance lentement vers sa mère, en lui montrant ses plaies… C’est bien moi… Je suis vivant et ma première visite est pour toi…

Recouverte d’une robe sombre et d’un voile de moniale, Marie est assise, à droite, sur un banc où elle a posé son livre de prière, dans l’intimité de sa chambre qui évoque celle de la Vierge du chancelier Rolin de Van Eyck.

Elle a le visage douloureux, les larmes aux yeux, mais les bras ouverts pour accueillir son fils, émerveillée et reconnaissante.

Au fond, derrière des baies vitrées, un jardin, un chemin sinueux sur lequel on peut voir Jésus sortant du tombeau et, plus loin encore, les saintes femmes qui sont déjà en route pour s’y rendre.    

 

II.  Après l’Ascension…  Presque plus rien dans le Nouveau Testament…   

 Au début des Actes (1, 12/14), Luc notera encore que la mère de Jésus était assidue à la prière dans la chambre haute, le Cénacle, où se retrouvaient les apôtres, avec quelques femmes et ceux que l’on appelait les frères du Seigneur.

Le même Luc ne mentionne pas sa présence à la Pentecôte. Les artistes s’en chargeront… Je vous ai déjà montré la place principale qu’elle tient au centre de la composition de «la Pentecôte » du Greco à Madrid.

Après, plus un seul mot dans le Nouveau Testament. Comme si, ayant rempli la mission qu’elle avait accepté de remplir, la mère de l’homme Jésus avait cessé d’exister après la mort de son fils, n’étant plus qu’un membre de la communauté messianique, devenu anonyme… Paul se bornera à rappeler que Jésus était né d’une femme, sans même donner son nom…

 

III.  Mais beaucoup de place, en revanche, nous l’avons dit brièvement, dans l’exégèse des Pères de l’Eglise, tant grecs que latins, dans les évangiles apocryphes et dans la piété des fidèles… avant et plus encore après sa  proclamation comme Théotokos au concile d’Ephèse en 431…

Avant même les images de la Théotokos, celles de la « Dormition », le Christ descendant chercher son âme pour l’emmener avec lui au ciel…

Plus tard encore, celles de son « Assomption », en son corps et en son âme.

Celle de sa glorification, de son couronnement, de son « Immaculée conception »

La multiplication enfin des églises dédiées à « Notre Dame », des prières en son nom, des « Ave Maria », des « Rosaires »… des apparitions au cours des siècles et des pèlerinages qui  s’ensuivront jusqu’à aujourd’hui…

Nous y reviendrons dans les envois suivants…  

 

IV… In fine.

Dans l’un de ses premiers ouvrages, Marcel Légaut a trouvé, me semble-t-il, les mots justes pour parler d’elle : « Etant ce qu’elle était devenue par tout ce qu’elle avait vécu et qui se développait en elle, par sa mission dont elle prenait peu à peu conscience en suivant son enfant, proche lui dans le silence, subissant son ascendant comme nul autre, le comprenant à moitié, lui faisant confiance pour le reste, allant avec lui jusqu’au bout, aveuglément et quelle que soit la fin. Tel fut son destin. »

Et je m’associe également à ce qu’il écrit un peu plus loin : Par sa proximité avec Jésus, par son attachement à sa race, Marie a vécu, plus que personne, dans la fidélité, les heures difficiles et capitales où la foi… ne subsiste que si elle fait corps avec ce que l’on est, au-delà de toute croyance idéologique, de toute évidence, de toute certitude autre que celle de sa réalité propre.

La mère de Jésus, cette jeune femme juive de Nazareth, silencieuse et discrète, peut ainsi demeurer, aujourd’hui encore, le témoin privilégié de l’Incarnation et donc de l’humanité du Verbe de Dieu, tout en étant, de façon symbolique, une mère pour les hommes.

Fin de l’envoi sur « Marie après Cana »

 

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